Scène de mariage forcé au Népal

 

 

Témoignage

Hélène*, 18 ans, a grandi en Suisse : «Je vis en Suisse depuis l'âge de 3 ans. Encore adolescente, mon père m'a parlé de mariage et je prétextais mes études pour repousser l'échéance. Mais il a commencé à me présenter des hommes. Je n'en voulais aucun. Ma famille m'a obligée à rester à la maison et si je me révoltais, je me faisais battre et humilier. Un jour je me suis enfuie et depuis, je vis loin de ma famille dans la peur des représailles».

*prénom fictif

 

Les mariages forcés

L'article 16 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme énonce que «…toute personne a la droit de se marier et de fonder une famille sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux». Or la pratique du mariage forcé affecte et sanctionne des milliers de femmes, et parfois d'hommes, dans le monde. Le mariage forcé se définit comme l'union de deux personnes dont une au moins n'a pas consenti entièrement et librement à se marier.

Les mariages forcés en Suisse

La Fondation SURGIR a publié la première enquête exploratoire sur la prévalence des mariages forcés en Suisse. Les résultats de cette étude, rendue publique lors d'une conférence de presse le 6 décembre 2006, ont véritablement jeté un pavé dans la mare car personne n'avait jusqu'alors abordé ce sujet en Suisse et cette réalité était trop souvent ignorée. La presse suisse a immédiatement repris le sujet et la Fondation a été présente dans tous les médias (Le Temps, 24Heures, La Tribune de Genève, NZZ, Tages Anzeiger, Der Bund, etc.).

«Le nombre de personnes victimes d'un mariage forcé vivant sur le territoire suisse pourrait s'élever à 17'000. Ce chiffre alarmant est le fruit d'une enquête exploratoire - la première en Suisse - sur la prévalence d'un phénomène largement sous-estimé et ignoré. [...] [Ce travail] a été réalisé par deux enquêtrices [...] sur mandat de la Fondation lausannoise SURGIR, [...].» (Le Temps, 07.12.2006)

L'étude a démontré la difficulté à atteindre et à contacter les victimes de mariages forcés en raison du risque de représailles qu'elles encourent en témoignant. Aucune des victimes n'a souhaité venir s'exprimer lors de la conférence de presse annonçant la publication du rapport à cause de cette menace bien présente. Cette situation provient de plusieurs facteurs : le mariage forcé est tout d'abord un phénomène tabou qui engendre la honte de la part des victimes ; celles-ci sont souvent des femmes peu instruites et ne s'imaginent pas pouvoir vivre de manière indépendante ; les personnes concernées vivent enfin une situation de double conflit entre d'une part la défense de leurs droits et d'autre part un sentiment fort de loyauté envers la famille. Les victimes des mariages forcés sont donc dans un état de grande fragilité psychique sans pour autant qu'il existe, en Suisse, une structure pour les défendre, les soutenir ou les écouter.

Recommandations de l'étude :
  • La mise en place d'une campagne de prévention et d'information au niveau national
  • Le renforcement des mécanismes visant à protéger les victimes (création de lieux d'accueil et d'une ligne téléphonique d'urgence)
  • L'émission d'un message fort et clair sur l'illégalité de la pratique des mariages forcés en Suisse.
La question des mariages forcés au niveau politique

Le débat a été repris par le Parlement suisse où différents conseillers nationaux ont demandé au Conseil Fédéral de prendre des mesures pour lutter contre ce fléau. Des séries de discussion sont à l'ordre du jour et on ne peut que se féliciter d'avoir amener ce débat dans le domaine public.

Campagne d’affichage sur les mariages forcés, Suisse romande 2008

Dépliant sur les mariages forcés
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Prévalence des mariages forcés en Suisse
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Différentes ressources sur cette pratique

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